Violences conjugales et héritage : ce qu’a changé la loi du 22 juillet 2020

héritage et violences conjugales

Le droit des successions a longtemps ignoré une réalité douloureuse : celle des victimes de violences conjugales contraintes de laisser une part de leur héritage à leur agresseur. Le 22 juillet 2020, l’Assemblée nationale a voté un texte destiné à corriger cette situation. Ce nouveau texte prive désormais d’héritage toute personne condamnée, comme auteur ou complice, à une peine criminelle ou correctionnelle pour avoir commis des tortures et actes de barbarie, des violences volontaires, un viol ou une agression sexuelle envers le défunt. Retour sur une avancée juridique majeure pour la protection des victimes.

Comment la loi protégeait-elle les victimes avant le 22 juillet 2020 ?

Lorsqu’une succession ne fait l’objet ni d’un testament, ni d’une donation, c’est le Code civil qui détermine l’ordre successoral. Ce dernier place le conjoint survivant au premier rang des héritiers. Selon que les parents du défunt sont encore vivants et/ou que le couple avait des enfants, il perçoit alors tout ou partie de l’héritage.

Avant la loi du 22 juillet 2020, cette règle s’appliquait indépendamment du comportement du conjoint survivant envers la victime. Concrètement, un conjoint violent continuait de percevoir sa part d’héritage. Sauf dans un cas bien précis : lorsqu’il était reconnu responsable de la mort de son conjoint. Une loi antérieure prévoyait en effet qu’en cas de violences ayant entraîné le décès, l’agresseur ne pouvait hériter.

Une première avancée avait toutefois été amorcée quelques mois plus tôt, avec la loi n° 2019-1480 du 28 décembre 2019 relative à la lutte contre les violences au sein de la famille. Ce texte excluait déjà les auteurs de violences conjugales du bénéfice de la pension de réversion. Cette part de la retraite de l’assuré décédé, normalement versée au conjoint survivant âgé de plus de 55 ans. Mais cette exclusion restait limitée à ce seul dispositif, sans effet sur l’héritage lui-même.

Violences conjugales et héritage : Ce qui change concrètement avec la loi du 22 juillet 2020

Avec ce nouveau texte, la protection des victimes est considérablement renforcée. Il n’est désormais plus nécessaire qu’un décès résulte directement des violences pour priver l’agresseur de tout droit à l’héritage. Une condamnation pour tortures et actes de barbarie, violences volontaires, viol ou agression sexuelle suffit à entraîner cette privation.

Autre évolution notable : un membre de la famille ou le ministère public peut désormais demander cette exclusion successorale, sans attendre qu’elle intervienne automatiquement. La loi va même plus loin : la solidarité entre les membres d’une famille n’est plus systématique dans ces situations. Concrètement, la famille n’a plus l’obligation de subvenir aux besoins de l’agresseur. Aussi, l’obligation alimentaire d’un enfant envers un parent violent peut être supprimée. Seul un juge conserve la possibilité de revenir sur cette suppression, à la demande des enfants concernés.

Cette réforme marque ainsi un changement de philosophie. La loi ne se contente plus de sanctionner les conséquences les plus extrêmes des violences conjugales, elle reconnaît que la violence elle-même, quelle que soit son issue, doit rompre le lien de solidarité successorale entre l’auteur et sa victime.

Anticiper ses volontés grâce au contrat obsèques

Ces situations familiales complexes rappellent à quel point il est précieux d’exprimer ses dernières volontés de façon claire. Le contrat obsèques proposé par la maison Cridel permet justement à chacun de définir à l’avance le déroulement de ses funérailles (type de cérémonie, choix entre inhumation et crémation, personnes à prévenir ou à associer à l’organisation) et d’en assurer le financement. Dans des configurations familiales fragilisées, notamment lorsque des tensions ou des violences ont marqué l’histoire du foyer, cette anticipation offre une tranquillité d’esprit précieuse. Elle garantit que les volontés du défunt seront respectées, sans être laissées à l’appréciation d’un proche avec lequel la relation aurait été rompue. Nos conseillers Cridel se tiennent à votre disposition pour vous accompagner dans la mise en place de ce contrat, en toute confidentialité et à votre rythme. Demandez un devis dès aujourd’hui.

Violences conjugales et héritage : ce qu’a changé la loi du 22 juillet 2020

Le 22 juillet 2020, l’assemblée a voté un texte de loi qui vise à protéger les victimes de violences conjugales, en privant d’héritage toute personne ”condamné, comme auteur ou complice, à une peine criminelle ou correctionnelle pour avoir commis des tortures et actes de barbarie, des violences volontaires, un viol ou une agression sexuelle envers le défunt ".
> Lire la suite

Ordre successoral : quel est l’ordre des héritiers ?

La question de la succession est probablement la question la plus complexe à élucider lors du traitement administratif d’un décès. Elle peut être anticipée, par la rédaction d'un testament, avec ou sans notaire, ou par la mise en place d'une donation. Sans aucune directive, l'ordre successoral est régit par la loi, et l'héritage reviendra aux descendants du défunt dans un ordre bien précis, selon sa situation familiale.
> Lire la suite

Comment faire un legs à une association ou une ONG ?

Nombreux sont ceux qui souhaitent contribuer à un monde meilleur, après avoir eux-même quitté ce dernier. Le legs aux associations et ONG est possible pour chacun d’entre nous, se fait devant un notaire et se doit de respecter certaines conditions, il constitue une part importante des financements de certaines associations, ONG ou centres de recherches.
> Lire la suite

Comment renoncer à une succession ?

Il arrive qu’une personne laisse derrière elle des dettes ou que la succession représente plus de complications familiales que de réconciliations. Heureusement, la loi a prévu la possibilité de renoncer à sa succession. Quels sont les démarches ? Qu'advient-il des biens laissés et des dettes ?
> Lire la suite

À quel âge anticiper sa succession ?

Si la gestion de son patrimoine ne pourra se faire qu'après avoir constitué le dit patrimoine, il est certains actes qui peuvent être anticipé avant d'atteindre la fin de sa vie. Découvrez dans cet article les moyens de protéger vos proches et de faire respecter vos volontés, à tout âge.
> Lire la suite

La succession chez l’enfant adopté

La législation française protège fortement le droit à l'adoption des enfants. Qu'en est-il lorsqu'un enfant a été adopté ? Possèdent-ils les mêmes droits en matière de succession et de fiscalité que les enfants biologiques ? Nous répondons à ces questions dans cette fiche.
> Lire la suite

Patrimoine numérique : Comment léguer des NFTS et des cryptomonnaies ?

L’évolution du numérique et de nos modes de consommation voit émerger un nouveau type de patrimoine qu'il est important de prendre en compte dans la gestion de l'héritage. Découvrez comment intégrer votre patrimoine numérique dans votre succession.
> Lire la suite

Succession sans notaire

La succession est une étape complexe dans les démarches administratives qui suivent la perte d'un proche. Est-il possible de se passer d'un notaire ? Dans quelles conditions le notaire est-il fortement recommandé, voir indispensable ?
> Lire la suite

Pacs et succession : Protéger son partenaire de Pacs

Le PACS se banalise et vient remplacer le mariage. Mais en matière de succession, il existe des différences notables qu'il importe de connaître. Nous vous présentons ici les options qui peuvent être mises en place pour que la succession se passe selon les volontés du couple pacsé.
> Lire la suite