
La Saint-Valentin est traditionnellement associée aux fleurs, aux dîners romantiques et à la célébration du couple. Pourtant, pour des milliers de personnes, cette date agit comme un puissant rappel de l’absence. Lorsque l’on traverse le deuil de son conjoint, le 14 février peut passer d’une fête légère à une épreuve émotionnelle redoutable. Comment gérer ce contraste entre la joie affichée dans l’espace public et la douleur de la perte ? Voici des pistes pour naviguer à travers cette période avec bienveillance et résilience.
Pourquoi la Saint-Valentin réactive-t-elle la douleur du deuil ?
Le vécu du deuil est différent pour chacun et ce n’est pas un processus linéaire. Il est ponctué de « dates anniversaires » ou de fêtes calendaires qui agissent comme des déclencheurs de souvenirs. On dit souvent que la première année est la plus difficile en raison de toutes ces dates qu’il faut affronter avec l’absence de l’être aimé. La Saint-Valentin est une date anniversaire difficile d’une part parce que c’est une fête très médiatisée, et d’autre part parce qu’elle ravive la solitude. Durant cette période, la personne en deuil est constamment témoin de l’amour des autres, imagé par les nombreuses représentations médiatiques qui vante cette fête. La personne endeuillée perd aussi un statut social : On ne fait plus partie du groupe des « amoureux ». C’est un sentiment d’exclusion qui peut renforcer la détresse psychologique.
S’autoriser à ne pas aller bien : pratiquez l’auto-compassion !
La période du deuil est une période sensible en termes d’émotion. La tristesse est présente presque à chaque instant, et selon les étapes du deuil, elle laisse place à d’autres émotions négatives, comme la colère. L‘inhibition des émotions est souvent contre-productive. Le premier pas pour traverser la Saint-Valentin en étant endeuillé est d’accepter sa propre vulnérabilité. Il est inutile, voire toxique, de se forcer à paraître heureux. Si vous ressentez de la tristesse, de la colère ou de l’amertume, accueillez ces sentiments. Comme le dit une célèbre citation : “le deuil, c’est de l’amour”.
Stratégies concrètes pour surmonter le 14 février
Il n’existe pas de « bonne » façon de passer cette journée, mais voici plusieurs options selon votre état de fatigue émotionnelle :
1. Pratiquer le retrait
Si l’agitation extérieure est trop lourde, déconnectez-vous. Évitez les réseaux sociaux où les déclarations d’amour affluent. Prévoyez une soirée calme : un bon livre, un film (évitez les romances pour cette fois), ou un bain chaud. Traitez-vous avec la même douceur que vous offririez à un ami cher.
2. Transformer la fête en rituel de mémoire
Au lieu d’ignorer la date, certains choisissent de la transformer. Vous pouvez allumer une bougie, écrire une lettre à l’être disparu pour exprimer ce que vous ressentez, ou cuisiner son plat préféré. Ce rituel de recueillement permet de maintenir un lien symbolique sain tout en reconnaissant la réalité de la séparation. C’est aussi l’occasion de se rendre au cimetière, pour déposer des fleurs. Les fleurs matérialisent le lien qui vous unis au défunt, elles permettent d’externaliser vos sentiments, qui sont toujours présents.
3. S’entourer de liens non-romantiques
L’amour ne se limite pas au couple. La Saint-Valentin peut être l’occasion de célébrer l’amour filial ou l’amitié. Passer du temps avec ses enfants ou ses amis proches permet de se rappeler que, bien que le pilier du couple soit parti, d’autres soutiens existent. De manière générale, la période du deuil est un moment où il faut veiller à rester entouré.
Que faire si la douleur est trop intense ?
Une idée reçue voudrait que le temps efface la douleur. En réalité, ce n’est pas forcément le cas. Il peut arriver que la saint-valentin ravive trop de souvenirs qui vont raviver la nostalgie du temps passer et provoquer une très vive émotion de tristesse. Si vous sentez que ce jour-là, le chagrin est trop intense, n’hésitez pas à solliciter un soutien psychologique ou à rejoindre un groupe de parole par le biais d’une association. Parfois, partager son fardeau avec ceux qui comprennent la spécificité du deuil du conjoint est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire.