Annoncer la mort à un enfant, les conseils du psy

L’enfant est un petit être à part. Nous sommes passés par cette période, mais avons tout oublié de cette façon si spéciale de voir le monde. Si bien qu’en devenant parents, il nous est difficile de les comprendre. Un sujet qui nous paraît aujourd’hui évident du haut de notre expérience, devient une source d’interrogation : qu’est-ce que l’enfant imagine et connaît de la mort ? Comment la lui expliquer ? S’ajoute à cela la charge affective : la mort est un sujet grave, triste, et nous aimerions préserver nos innocents petits êtres le plus longtemps possible. Annoncer la mort à un enfant est un passage qui doit se faire en connaissance de leurs grandes capacités de résilience et de compréhension de notre monde. 

Comment les enfants voient la mort ?

Sans qu’on ne lui en parle, l’enfant comprend très tôt que la vie a un début et une fin. Il y est confronté, dans nos paroles, dans les histoires, les contes, les dessins animés… La mort, tout comme la question du début de la vie (comment on fait les bébés ?), est un de ces sujets qui va prendre son sens en grandissant. Avant 4 ans, la mort est très abstraite. Les enfants de cet âge comprennent l’absence, mais pas la mort. Jusqu’à l’âge de 6 ans environ, l’enfant connaît l’existence de la mort, mais il n’a pas pleinement conscience de son caractère irréversible. Ce n’est que peu à peu qu’il va intégrer la temporalité et comprendre qu’un être mort ne revient jamais. Vers 8 ans, l’enfant comprendra que la mort est universelle, tout le monde meurt. À l’image de ce petit garçon dont les propos ont été rapportés par Freud : “Je comprends bien que mon père est mort, mais je ne comprends pas pourquoi il ne rentre pas dîner.”

Généralement, les enfants posent des questions sur la mort. Apporter des réponses est une excellente manière de les préparer. Il faut se contenter de répondre à leurs interrogations sans édulcorer la réponse ou y mettre trop d’affect. 

Comment dire à un enfant que quelqu’un est mort ? 

L’annonce de la mort, que l’enfant ait 4, 5, 7 ou 9 ans, et quelles que soient les circonstances, doit se faire sans détournement, sans périphrase : dire “Mamie est morte” plutôt que “Mamie est partie”. L’annonce peut être complétée par un mot de soutien : “on pense très fort à elle”, “je suis là pour toi” ,“on l’aimera toujours très fort”. Il est aussi possible de nommer ses émotions et de les partager “je suis triste” “j’ai beaucoup de chagrin, je suppose que toi aussi”. Un enfant a besoin de mots précis, le laisser dans le flou risque de faire perdurer une inquiétude, voir une angoisse. Le préserver des mots ne le préservera pas de la situation.

Si le décès survient après une maladie ou une hospitalisation, l’enfant peut être préparé à la mort avant que la personne ne décède.  ”Mamie est très malade, il se peut qu’elle meure bientôt”. Les enfants sont très forts pour deviner les situations, ne pas aborder le sujet devant eux, revient à leur faire porter la responsabilité de nous préserver de la tristesse, et ce n’est pas leur rôle.

Pour annoncer un décès brutal, c’est plus difficile, l’enfant n’aura pas été préparé et l’annonce arrivera comme un choc. Dans le cas d’une personne décédée brutalement des suites d’une crise cardiaque, on pourra annoncer : “Papa est parti faire une partie de tennis avec son copain. En rentrant, il a eu mal au cœur, il a fait un malaise, comme il ne répondait plus, j’ai appelé les pompiers. Ils n’ont pas réussi à faire repartir son cœur. Il est mort.” 

Ensuite, vient le moment de la consolation, il faut laisser pleurer l’enfant, le tenir contre soi, lui parler doucement. Quand le chagrin est apaisé, l’enfant pourra retourner à ses activités, pour revenir plus tard dans une phase de chagrin. Il est important de l’accompagner et de partager son chagrin, il est inutile de cacher votre tristesse. 

À partir de quel âge un enfant peut-il assister à un enterrement ?

Il n’y a pas d’âge pour emmener un enfant à l’enterrement d’une personne qui lui était chère. Vous pouvez même emmener un bébé, il n’en aura probablement aucun souvenir, mais le fait de lui dire qu’il était présent aux obsèques de cette personne sera dans bien des cas un soulagement pour l’enfant plus tard. Tout comme pour les adultes, les enfants ont besoin d’accomplir un rituel pour dire au revoir à la personne. Ce rituel permet une entrée dans le deuil de l’enfant, de réaliser la perte et permet aussi de vivre un moment en compagnie de toute la famille, ce qui est d’un grand réconfort pour l’enfant. Si le défunt avait choisi la crémation, il arrive que la famille décide de ne pas assister à la cérémonie au crématorium (jugée souvent trop austère, et symboliquement trop dure), dans ce cas, vous pouvez décider d’organiser une autre cérémonie, informelle. 

À partir de quel âge un enfant peut-il voir un mort ?

Il n’existe pas de norme précise. Si le corps de la personne n’est pas accidenté, et que l’enfant le souhaite, quel que soit son âge, il peut voir le corps de la personne décédée. Voir le corps d’une personne morte n’est pas traumatisant du moment que c’est fait dans la logique d’un rituel post-décès. Ce qui serait traumatisant serait de laisser l’enfant livré à lui-même, sans réponses, et de l’exclure de tous les rituels qui s’opèrent après un décès. 

Comment annoncer la mort d’un grand-parent ?

Très tôt, les enfants comprennent que, si l’on suit la logique de la vie, ce sont les grands-parents qui doivent mourir en premier. Il n’est pas rare qu’un enfant de 3 ou 4 ans demande à sa grand-mère si elle va bientôt mourir, parce qu’elle est vieille. Si cette question peut paraître glaçante aux yeux d’un adulte, pour l’enfant c’est une simple interrogation sur un phénomène qui lui échappe encore. Répondre à sa question par un “Mamie va mourir un jour, mais pas maintenant” suffira à l’enfant. L’annonce de la mort sera toujours moins brutale si la question de la mort a déjà été abordée. Ce n’est pas un sujet qu’il faut forcer, mais si l’enfant ne pose jamais de questions sur la mort, des livres pour enfants sur la mort existent. Certains abordent le sujet dans une histoire, c’est peut-être l’occasion d’éveiller quelques questions, sans forcer les choses.

Comment annoncer la mort d’un parent à son enfant ?

Annoncer la mort à un jeune enfant est essentiel. Si le parent est malade, il est tout aussi important de préparer l’enfant à une mort imminente afin que l’annonce soit adoucie.

Si le parent est mort d’une mort brutale, certains pédopsychiatres recommandent que l’annonce soit faite par un tiers : le médecin qui a constaté le décès, un pompier… Elle peut se faire en présence de l’autre parent, qui pourra prendre le relais pour consoler l’enfant. Le lieu de l’annonce est important aussi : il est préférable de ne pas annoncer la mort dans un endroit où l’enfant se sent en sécurité, comme dans sa chambre par exemple. Cette annonce restera gravée à jamais, et l’enfant retiendra le lieu en mémoire, il risque d’associer le lieu à ce moment traumatisant. Annoncer la mort d’un parent à un enfant doit se faire avec des mots justes, utiliser le terme “mort” plutôt que “parti”, “n’est plus là”, “monté au ciel”. Après l’annonce, le parent pourra consoler son enfant, et partager son chagrin. Comme pour les adultes, l’une des clefs du réconfort, c’est l’écoute.

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