fbpx

La privatisation des crématoriums de Paris

Mardi 11 juin 2019, s’est tenu à Paris le conseil municipal qui a validé le projet visant à privatiser le crématorium du Père Lachaise.

Construit en 1989, il était jusqu’à présent géré par la SAEMPF, Société anonyme d’économie mixte des pompes funèbres de la Ville de Paris, dont le capital est géré quasi intégralement par la ville de Paris. Avec 5900 crémations par an, le crématorium du Père-Lachaise à lui seul ne suffit plus à remplir les demandes de crémations à Paris. La mairie de Paris a donc lancé en mai 2018 un appel à projet pour financer un nouveau crématorium qui se trouvera à la Villette, dans le 19e arrondissement. En même temps que cet appel à projet, la mairie en a profité pour proposer la privatisation du Père-Lachaise. C’est le groupe SCF-Funécap, propriétaire entre autres du groupe funéraire Roc Eclerc, l’un des deux leaders du marché français du funéraire, qui va dorénavant gérer le Père-Lachaise et la construction du nouveau crématorium.

Un nouveau crématorium dans Paris

Le projet du nouveau crématorium, qui devrait sortir de terre en 2024, sera attribué à la SCF, une filiale du groupe Funécap. Le crématorium sera souterrain, à l’abri des bruits du périphérique avoisinant, surplombé d’une colline arborée. Il est prévu que ce nouveau crématorium, doté de quatre fours, soit éco-responsable et à « énergies positives ». Son utilisation permettra ainsi de désengorger le crématorium du Père-Lachaise qui peine à répondre à toutes les demandes.

La privatisation du Père-Lachaise

Dans notre article le vrai coût des obsèques nous expliquions par quels mécanismes le consommateur se retrouve à payer l’ambition des projets proposés par des fonds privés. Dorénavant, la crémation dans Paris ne sera plus un service public, mais un service à valeur marchande, ce qui va contribuer à déséquilibrer l’offre actuelle..

François Michaud-Nérard, ancien directeur général de la société d’économie mixte des services funéraires de Paris, s’inquiète pour les Parisiens dont le coût des obsèques avec crémation risque de flamber. C’est le cas également des élus communistes et écologistes aux côtés d’Anne Hidalgo, et de Danielle Simonet de la France Insoumise qui explique que : « Les exemples de Vélib’, d’Autolib’, de la verbalisation du stationnement, ont montré à quel point la gestion par le privé de services publics s’avérait constamment défaillante et négative pour les usagers, en privatisant les profits et en collectivisant les pertes »

Cette décision prise au conseil de Paris est peu démocratique, et mériterait d’être revue par un conseil neutre.

Le crématorium du Père Lachaise, classé aux monuments historiques

Le crématorium du Père-Lachaise, qui accueille plus de 250 000 endeuillés annuellement, est un des bâtiments les plus forts symboliquement à Paris. C’est le premier crématorium de France, il fût construit au 19e siècle par l’architecte Jean Camille Formigé. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1995. La première crémation en France y a eut lieu le 30 janvier 1889, il renferme une partie de l’histoire de Paris, et bientôt, il n’appartiendra plus aux parisiens.