Hommage à Édouard Balladur

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Édouard Balladur s’est éteint le 31 août 2026, à Paris, à l’âge de 97 ans. Avec lui disparaît l’une des dernières grandes figures de la vie politique française de la seconde moitié du XXe siècle, un homme d’État dont le parcours aura traversé et façonné cinquante années de la Ve République.

Ses obsèques, orchestrées par nos agents de Passy, ont eu lieu dans la plus stricte intimité familiale, le 5 septembre 2026, dans sa paroisse de Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy, située dans le 16ᵉ arrondissement de Paris. Edouard Balladur avait expressément formulé ses volontés, il a souhaité pour son départ, être entouré des proches, enfants et petits enfants.   

Une vie au service de l’État

Né le 2 mai 1929 à Smyrne (aujourd’hui Izmir, en Turquie) dans une famille de chrétiens d’Orient, Édouard Balladur arrive en France à l’âge de six ans. Formé à Sciences Po puis à l’École nationale d’administration, il entame une carrière qui le mènera des plus hautes sphères de l’administration jusqu’au sommet de l’État.

Son destin croise très tôt celui de Georges Pompidou, dont il devient un proche collaborateur avant de le suivre à l’Élysée comme secrétaire général adjoint, puis secrétaire général de la présidence. Cette proximité avec les rouages du pouvoir forge chez lui une conception rigoureuse et exigeante de l’action publique, qui marquera toute sa carrière.

Dans les années 1980, c’est Jacques Chirac qui le ramène sur le devant de la scène politique, en le nommant ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et des Privatisations. Édouard Balladur y engage alors une vaste politique de privatisations qui transforme durablement le paysage économique français, touchant des institutions aussi emblématiques que la Société Générale, Paribas ou encore TF1.

Premier ministre de la cohabitation

C’est en 1993 qu’Édouard Balladur accède à la fonction suprême de chef du gouvernement, devenant le dernier Premier ministre du septennat de François Mitterrand, dans une configuration de cohabitation qu’il conduira jusqu’en 1995. Cette période reste, pour beaucoup d’observateurs, un exemple de gouvernance mesurée et méthodique, portée par un sens aigu de l’État et une volonté constante de réforme, notamment à travers l’évolution du système des retraites.

Sa candidature à l’élection présidentielle de 1995, bien que finalement malheureuse, ne ternira jamais la reconnaissance dont il jouissait au sein de la vie publique française. Il demeurera, au fil des décennies suivantes, une voix respectée et écoutée de la droite républicaine, accompagnant de son expérience plusieurs générations de responsables politiques.

Un homme de conviction et de réflexion

Au-delà de ses fonctions gouvernementales, Édouard Balladur restera pour beaucoup l’image d’un homme de conviction, pudique dans l’expression de ses sentiments mais profondément attaché au service de son pays. Son engagement s’est prolongé bien après son passage à Matignon, notamment à travers sa présidence du Comité de réflexion sur les institutions de la Ve République, dont les travaux ont abouti en 2007 à l’une des révisions constitutionnelles les plus importantes de notre histoire récente.

Jusqu’à ses derniers écrits, il aura continué de porter un regard lucide et engagé sur les grands enjeux de son temps, notamment européens, avec la constance et la rigueur qui l’auront toujours caractérisé.

Le temps du recueillement

C’est dans ce moment de recueillement que les Pompes Funèbres Cridel ont eu l’honneur d’accompagner la famille d’Édouard Balladur, quelques temps seulement après avoir déjà pu être à ses côtés lors du décès de son épouse. Un honneur et une responsabilité que notre maison a portés avec toute la discrétion, le respect et l’attention que méritait la mémoire de cet homme d’État.

Nous adressons à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances, et gardons de cet accompagnement le souvenir d’un hommage rendu à la hauteur d’une vie tout entière consacrée à la France.

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