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Une interview de Sarah Dumont, fondatrice de Happyend et auteure du livre “un enterrement comme je veux.”

Crédit photo : Nicolas Vidal

C’était en 2018. Alors que Cridel était au début de sa digitalisation, nous mettions en place le site à la recherche d’une ligne éditoriale pertinente : comment parler de la mort et des services qui l’entourent au milieu de tous ces sites qui vendent du rêve et une vie meilleure ? Dans nos tentatives de repérer les autres acteurs du funéraires, un nom, un site, revenait souvent. Le site happyend.life était déjà à l’affût de l’information sur le milieu funéraires. Ses rédactions aussi pertinentes qu’impertinentes traitaient la mort sous tous ses aspects avec des mots justes et sans tabou. Depuis deux ans, Sarah Dumont, la créatrice du site, s’est frayé un chemin entre les cercueils, les tombes, et les nécrologies, pour nous parler de la mort en ligne, et en live, durant ses apéros de la mort. Et depuis cette année, nous aider à nous réaproprier les instants qui suivent la mort avec l’écriture du livre, que nous vous recommandons : “un enterrement comme je veux”.

Peux-tu nous parler de ta première création, le site Happyend ?

Le site a démarré en avril 2018, l’idée première du site était de parler de la mort comme tout autre sujet de société, et d’en parler sans tabou. Il n’existait pas de site qui parlait de la mort, sans vendre quelque chose. Je trouvais qu’il y avait un manque, il y a des sites qui parlent de la naissance, du mariage… Mais rien sur la mort. Je me disais qu’il fallait créer un site qui parle de la mort de façon positive, pour informer, susciter la réflexion, raconter des parcours de vie… La mort est un sujet qui nous touche tous : en  tant que mortels d’abord, puisqu’on y sera tous confrontés, et nous ne savons pas toujours comme s’y préparer.  En tant que famille également, quand il s’agit d’accompagner un proche en fin de vie ou d’organiser ses obsèques, nous sommes souvent perdus, et manquons d’informations pour agir librement… Enfin, le deuil est une épreuve de la vie qui mérite d’être accompagnée. Et cela passe par de l’information et beaucoup de dialogue…

Qu’est-ce que la société gagnerait à parler plus de la mort ?

Finalement, je pense que réhabiliter la mort dans nos vies, nous aide à mieux savourer nos vies. On agit un peu comme si on était immortels. Or, se rappeler sa condition de mortel, nous aide à se questionner régulièrement : suis-je heureux.se ? Ma vie me convient-t-elle vraiment ? Ce questionnement aide à ne pas subir. En refusant de parler de ce sujet, on est nombreux à passer à côté de certaines choses qui nous seraient bénéfiques. Affronter le sujet permet davantage de mener sa vie comme on a envie. 

Les apéros de la mort sont des événements organisés ponctuellement, autour de la thématique de la mort. Le concept est basé sur les cafés mortel de Bernard Crettaz, un sociologue et ethnologue Suisse. À propos des apéros de la mort Sarah Dumont a écrit sur son site : « Ce sont des temps d’échange qui sont à chaque fois intenses, instructifs et libérateurs. Ils nous rappellent la valeur de l’existence et je ne me sens jamais autant vivante qu’en rentrant chez moi ces soirs-là. » Sarah, peux-tu nous parler des apéros de la mort ?

Les apéros de la mort, c’est un temps d’échange qui dure 2 heures, généralement organisés dans un café, et en ligne pendant le confinement. Les personnes qui participent ont tous profils. Ils sont âgés de 20 à 80 ans, hommes et femmes confondus. Ce sont des personnes en deuil, qui souhaitent anticiper leur départ mais aussi des curieux de la mort, ou des personnes qui souhaitent travailler dans le milieu du funéraire, en devenant accompagnant. L’idée est d’accueillir la parole de chacun sur la fin de vie, la mort, le deuil. Parfois, des personnes viennent mais ne s’expriment pas: elles ont juste besoin d’écouter, d’entendre parler de la mort. Beaucoup de personnes viennent partager leur expérience du deuil. Certains me disent ne pas s’être sentis à l’aise dans un groupe de paroles dédié au deuil et préférer ce type de réunions, “au ton moins dramatique” selon eux. La confiance que l’on s’accorde  au cours de cette rencontre, sans se connaître, est très puissante. C’est un moment libérateur, avec de grands moments d’émotions, des rires et des larmes, et souvent énergisant. 

Cette année, tu as sorti “Un enterrement comme je veux : le 1er guide des Obsèques civiles”, un livre qui permet à chacun de se réapproprier le moment des obsèques et de connaître toutes les options à disposition pour faire un choix éclairé. Peux-tu nous en parler ?

Pour moi, ne pas être informé sur les obsèques revient à ne pas être libre de ses choix.  Ce livre peut aider ceux qui souhaite s’approprier leur départ et sert aux familles qui viennent de vivre un décès. Je me suis aussi rendu compte que mon guide était beaucoup acheté par les pompes funèbres, et c’est très positif. Aujourd’hui, on a plus les repères religieux, beaucoup de familles se retrouvent face à un vide béant au moment des obsèques. Le livre propose des solutions pour combler ce vide et ritualiser ces instants, leur redonner du sacré, sans la religion. J’ai beaucoup de mal avec l’idée que certaines personnes organisent une cérémonie à l’église juste pour s’assurer que la salle sera jolie, mais sans aucune conviction. Une étude du CREDOC a montré que 72% des personnes qui ont participé activement à l’enterrement de leur proche avaient ressenti un effet bénéfique dans le cheminement de leur deuil. C’est aussi ce que j’ai ressenti au moment de l’enterrement de mon père, il y a quelques années. Aujourd’hui, les familles ne savent pas ce qu’elles ont le droit de faire. Certaines pompes funèbres vous aident pour personnaliser et réaliser vos choix, d’autres ne vendent que des solutions clés en main. Ce guide permet de mettre au courant les familles sur leurs droits : vous pouvez par exemple demander à ce que le maître de cérémonie n’intervienne pas : la cérémonie peut être orchestrée uniquement par les proches. Vous pouvez réaliser un enterrement en pleine nature (avec décision favorable de votre maire), ou vous pouvez décider de faire une crémation avec un cercueil en carton, personne ne peut vous l’interdire …  

Merci à Sarah Dumont de s’être prêtée au jeu de notre interview, vous pouvez vous procurer son livre sur le net, et commencer à anticiper vos obsèques dès aujourd’hui ! Pour toute question relative à la préparation d’un contrat obsèques n’hésitez pas à consulter l’un de nos conseiller, dans l’agence la plus proche de chez vous.